mardi 8 avril 2014

THE IMPRESSIONISTS AND BOATING

The Impressionists and Yachting on the Seine – Paris to Deauville – Origins to 1894

©François Chevalier - Lézard, Caillebotte design, 1891


Contrary to public thought, French yachting was born on the inland waterways before establishing on the coasts. In this regard, Paris was one of the most important cradles of yachting - Boating appeared there circa 1800-1830, progressing downstream slowly over time.



Without delving into too much detail, the Impressionist movement took off in Normandy, in the area around Le Havre. Soon enough seascapes, riverscapes and boats became important subjects for the Impressionist painters. And they did not leave it at painting! In the latter part of the 19th century, they often engaged in sailing themselves along with other artists and writers. From Sunday boating to cruises, races, naval architecture and even shipbuilding, to some extent almost all of them were involved in yachting.

As key witnesses to the beginnings of yachting in France, the Impressionists have become an important point of interest to us in the last fifteen years. Carrying out our research as faithfully as for our previous works, especially America's Cup Yacht Designs, 1851-1986, we have decided to publish our findings in two to three years' time. Apart from the history, this work will feature the plans of the boats that the Impressionists sailed or imagined as well as their own masterpieces – some famous paintings and others less well known – in a substantial 800-page production of the same quality and format as our earliest works!

We shall return here regularly to inform you of our findings.

Yours faithfully,


François Chevalier & Jacques Taglang.

LES IMPRESSIONNISTES ET LA PLAISANCE

LES IMPRESSIONNISTES ET LA PLAISANCE,
SUR LA SEINE DE PARIS À DEAUVILLE - DES DÉBUTS JUSQU'À 1894


©François Chevalier - Lézard plan Caillebotte 1891


Contrairement aux idées reçues, la plaisance en France est d’abord née sur les cours d’eau intérieurs avant de s’installer sur les bords de mer. A ce sujet, Paris est l’un des berceaux les plus importants de ce phénomène – le canotage y est apparu dans les années 1800-1830 – pour glisser au fil de temps et de l’eau jusqu’en Manche.


Sans entrer dans les détails, le mouvement impressionniste a pris son envol en Normandie, dans la région du Havre et, bientôt, l’eau et les bateaux sont devenus l’un des thèmes récurrent des peintres impressionnistes. Ils ne se sont pas contentés de peindre ! Avec d’autres acteurs du monde des arts et des lettres, ils ont souvent été très impliqués dans la pratique de la plaisance de la seconde moitié du XIXe siècle : croisiériste, régatier, promeneur du dimanche, architecte et constructeur naval. Tous les impressionnistes ou presque ont été concernés par le canotage.

Témoins privilégiés des débuts du yachting en France, les impressionnistes sont devenus depuis plus d’une quinzaine d’années, notre principal sujet de réflexion. Fidèles en cela à la méthode que nous avions suivie avec nos ouvrages précédents et en particulier « America’s Cup Yacht Designs, 1851-1986 » nous avons décidé de publier le résultat de nos recherches et travaux dans les deux-trois ans à venir. Outre l’histoire, les plans des bateaux que les impressionnistes ont menés ou imaginés ainsi que les reproductions des chefs d’œuvres de ceux-ci – connus et moins connus – figureront dans cet ouvrage exceptionnel qui comptera plus de 800 pages au format de nos premiers livres !

Nous viendrons régulièrement vous informer du résultat de nos recherches.

Merci de votre intérêt !


François Chevalier et Jacques Taglang

dimanche 30 mars 2014

“La Petite Fille au chapeau rouge, Queen Mab“

“La Petite Fille au chapeau rouge, Queen Mab“
Attribué à Jacques-Émile Blanche

Vrai ou Faux ?

 par François Chevalier
Mars 2014



Cela commence comme un roman. Un amateur de peinture me contacte pour tenter de reconnaître un voilier sur un tableau dont certains spécialistes sont persuadés qu’il s’agit d’un faux. Très rapidement, je prouve, plans à l’appui, que le peintre présumé ne pouvait être ailleurs que sur ce voilier, avec ces personnages, et à cette place précisément pour avoir ce point de vue. Donc, il était impossible d’imaginer qu’un faussaire ait pu se trouver à sa place. Le lecteur me pardonnera ma discrétion sur cette toile, mais il m’est encore impossible de la dévoiler actuellement. Je ne manquerai pas d’y revenir dès que cela deviendra possible.

 “Fillette au chapeau rouge, Queen Mab “, signé Jacques-Émile Blanche et daté 1882.

L’objet de cet article est un tableau attribué à Jacques-Émile Blanche (1861-1942) représentant une fillette assise sur un fauteuil en rotin et bambou, sur le pont d’un voilier.
La signature, en bas à droite, est assez claire pour reconnaître J. E. Blanche ; elle est surmontée d’un sigle aux initiales JBE. Sous la signature, la mention 82 date le tableau en 1882.
Ce tableau n’a pas été authentifié, car son histoire n’est pas complète, et l’auteur a traité le fond du sujet de façon assez négligée, même si les détails restent suffisamment parlants pour situer la scène : les lattes de pont sont inégales, une poulie, en haut à droite, semble hors d’échelle, et mal définie.
Cela dit, nous verrons que Jacques-Émile Blanche a traité, dans cette période de sa vie, ses fonds avec la même intention de faire ressortir le sujet du portrait.

Le tableau est cerné, dans sa partie supérieure, par la bôme qui est garnie de garcettes. Le ciel est couvert, comme souvent en Manche, avec quelques zones plus claires, et la lumière est diffuse au point que le fauteuil ne crée aucune ombre sur le pont. La mer, au delà du bastingage, est plutôt verdâtre, avec une limite assez nette des fonds, plus pâles au premier plan. Ces caractéristiques sont très propres à l’environnement de Dieppe où les fonds restent longtemps peu profond et délimitent, surtout par temps couvert, une zone vert-pâle et une mer verte au loin.
Sur la droite, à la limite des eaux plus claires, un petit cotre aux voiles blanches, vent de travers, se fait doubler par un grand steam yacht, trois-mâts-goélette, coque sombre, voiles établies et machine en route, arborant un large pavillon sur sa poupe et un pavillon en tête de grand-mât. Plus au large encore, deux petites voiles marron remontent le vent, l’une, sur l’arrière du steam yacht, tribord amure, l’autre, plus en avant, bâbord amure. Plus près de nous, et à droite du visage de la fillette, une mouette, ou plutôt un goéland, vire face au vent.

Mouettes et goélands, par François Chevalier


De chaque côté du tableau, deux bouées couronnes, dont on ne voit que la moitié, révèlent le nom du voilier. Le mot “Queen“ sur la bouée à droite, vers l’avant, et le mot “Mab“ sur l’autre bouée, avec les initiales Y.C. en bas, signifiant de toute évidence Yacht Club.
Sur la lisse de pavois bâbord, deux chandeliers en bronze, de chaque côte du visage, sont couronnés par une filière en cordage, qui se termine sur le chandelier de droite. Au pied de ce chandelier, un piton reçoit le croc du palan de la bastaque, puis complètement à droite, la poulie du palan bas de bastaque est esquissée, juste au-dessus de la demie bouée avant.
Un fort cordage, une amarre ou une écoute, court le long du pied du pavois, s’arrêtant derrière le personnage.
Sur le pont, à droite, on distingue nettement un cercle de bronze entourant un prisme de pont. En bas, à droite, une écoutille, superbement vernie, est représentée avec son panneau vitré bâbord ouvert.
Au pied du fauteuil, de chaque côté, des livres et revues sont posées. À droite, une revue de yachting et un livre de poèmes enfantins se reflètent dans le vernis de l’écoutille, ainsi qu’une partie du fauteuil et une chaussette rouge de la fillette. À gauche, un livre d’histoires enfantines, illustré, est ouvert en travers du pont.
La fillette, blonde aux yeux bleus, est assise face côté tribord du voilier, regardant fixement son portraitiste. Elle est coiffée d’un chapeau rouge carmin, vêtue d’une robe rose avec un col et des manchettes en dentelle rouge, d’une large ceinture rouge carmin et des chaussettes de la même couleur. Elle est chaussée de ballerines noires vernies, à bride et pompon. Assise au fond du fauteuil, ses pieds restent suspendus au dessus du pont.
Le fauteuil en rotin et bambou est typique de ceux que l’on trouvait sur le pont des yachts du XIXe, avec une assise pleine et un dossier enveloppant ajouré, souvent réservés aux femmes à bord.

Au premier abord, le nom du voilier m’a interpellé. En effet, Queen Mab est le nom d’un célèbre cotre anglais de la série des 40 pieds de rating, qui a remporté nombres de courses dès l’année de sa sortie en 1892, remportant par exemple cinq victoires sur cinq départs dans le même week-end. Conçu par George Lennox Watson (1851–1904), et construit par D.W. Henderson & Co. A Glasgow, le voilier, troisième du nom, a été commandé par Percy Chubb. Puis vendu au Commodore du New York Yacht Club, C. L. F. Robinson. Il a été cédé en 1900 au New-Yorkais Lucius Smith, qui a entrepris une restauration complète en 1901.
De retour dans ma bibliothèque, j’ai rapidement établi qu’il s’agissait en fait du cotre Queen Mab conçu et construit en 1859 par Thomas Wanhill (1816-1868), et transformé en yawl en 1878. Cela correspondait à l’image que le peintre donne du voilier, pavois important, filières sur la partie arrière du voilier et écoutille assez surélevée. Les caractéristiques du voilier sont les suivantes : longueur hors tout, 18,04 mètres ; flottaison, 15,37 mètres ; bau, 3,63 mètres ; tirant d’eau, 2,41 mètres ; son tonnage, 36 tonneaux.
Plan de voilure du Queen Mab en yawl, par François Chevalier


Thomas Wanhill est né le 22 octobre 1816 à Exmouth dans le Devon de Thomas Wanhill et de sa mère Margaret. Avec son frère James Manlaws, et son épouse Mary Elizabeth, dont il aura un fils, George, il crée un chantier naval à Pool. Il habite Central High Street et exercera la fonction de maire en 1843 et 1848. Pendant une quinzaine d’années, son chantier est réputé pour ses coques fines aux formes en V prononcées. 


Lors de la célèbre course autour de l’Ile de Wight contre la goélette America, fondatrice de la Coupe du même nom, le 22 août 1851, trois de ses voiliers participent, Baccante, goélette de 80 tonneaux construite en 1847, à Benjamin Heywood Jones, Eclipse, cotre de 50 tonneaux construit en 1847, à Henry Samuel Fearon, et Freak, cotre de 60 tonneaux construit en 1849, à William Curling.
Quelques voiliers célèbres de Thomas Wanhill :
Cygnet, 35 t., cotre, 1856, à Sir R. Graham Bt.
Foam, 27 t., cotre, 1856, à W. Douglas
Queen, 40 t., cotre, 1860, à William Bird
Flirt, 153 t., goélette, 1863, à Sir Percy Florence Shelley
Gertrude, 68 t., goélette, 1864, à M. Hayes
Egeria, 161 t., goélette, 1865, à Andrew J. Mulholland
(Fig. 4bis)
Thomas Wanhill reste associé avec son frère James Manlaws Wanhill jusqu’au 1er juillet 1861. Puis, associé avec son épouse, le chantier prend le nom “Thomas Wanhill, Merchants, Shipowners, and Yacht Builder“. Il continue jusqu’en août 1867 où il cesse toute activité.

Plan de forme du Queen Mab en yawl, par François Chevalier
Plan de forme du Queen Mab en yawl, par François Chevalier

Le nom du voilier s’éclaircit lorsque l’on connaît le commanditaire du Queen Mab : Sir Percy Florence Shelley, 3ème Baronet (1819-1889), seul descendant survivant du célèbre poète romantique Percy Bysshe Shelley (1792-1822), auteur du poème révolutionnaire “Queen Mab“ publié en 1813, et de sa seconde épouse Mary Shelley (1787-1851), auteur de la nouvelle “Frankenstein“ publiée en 1818.

Sir Percy Florence Shelley


Percy B Shelley

Les circonstances de la mort du père de Percy Florence, jamais élucidées clairement, ont pu le marquer profondément dans ses choix.
La famille Shelley résidait à la Casa Magni à San Terenzo près de Lerici, dans la baie de La Spezia, avec leur ami Edward Williams (1793-1822), son épouse Jane et leurs enfants. Shelley, féru de voile, avait fait construire à Gènes, l’Ariel, une élégante goélette aurique, selon son ordre non pontée, conçue par Daniel Roberts (1789-1869), ancien officier de la Royal Navy. Ariel avait été nommé en hommage à “The Tempest“ de William Shakespeare. Leur ami, Lord Byron (1788-1824) qui avait également fait réaliser un brick-goélette par le même Daniel Roberts, avait écrit sur la voile de l’Ariel le nom Don Juan qui se référait à son œuvre.

Casa Magni

Le 1er juillet 1822, Shelley, Willliams, et Roberts, accompagnés du matelot Charleis Vivian se rendaient à Livourne à bord de l’Ariel, soit une traversée d’une quarantaine de milles, pour accueillir James Henry Leigh Hunt à Pise. Lors du retour, le 8 juillet, Roberts étant resté à terre, ils établissent la voile vers trois heures de l'après-midi. A peine l’Ariel a-t-il pris la mer qu'une brume épaisse s'élève, et presque aussitôt une terrible bourrasque, pareille à celles dont Shelley a toujours été fasciné, se déchaîne, accompagnée d’une pluie diluvienne et de coups de tonnerre, blanchissant la mer d'écume. Une demi-heure plus tard, la tempête se dissipe et la mer s’apaise, l’Ariel à demi coulée. L'étrave d'une felouque l'avait éventré jetant à la mer son équipage. Le voilier est retrouvé à dix milles au large, avec son canot de sauvetage à la traîne ; les trois corps, jetés à la côte, ont été brûlés.
Mary Shelley rentre en Angleterre avec son fils l’année même du décès de Shelley. Percy Florence, après des études à Cambridge, hérite du titre de 3ème Baronet de “Castel Goring à la mort de son grand-père, en 1844, et se marie à 27 ans à Jane Gibson, veuve de Charles Robert St. John. En 1849, il se sépare de son domaine et acquiert une propriété à Bournemouth, “Boscombe Manor“, qui devient sa résidence secondaire à partir de 1851, l’année de la mort de sa mère.
Comme son père, Percy est passionné par les bateaux, et, en 1853, il se fait construire par Joseph White de East Cowes, une goélette de 142 tonneaux, Ginevra, dont le nom se réfère au poème que Shelley a écrit en 1821 à Pise. Dès mai 1854, il est inscrit au Royal Yacht Squadron où est conservé le récit de sa croisière à La Valette réalisée en un temps record. Il ne conserve Ginevra que deux saisons, la vend à J. T. Turner et acquière le cotre Wildfire, qu’il transforme en goélette en innovant, simplifiant le bout-dehors. Il cède son voilier de nouveau à J. T. Turner et achète le cotre de 48 tonneaux Extravaganza, avec lequel il court intensément les saisons 1856 à 1858, remportant quelques belles victoires. En 1858, Sir Percy commande à Thomas Wanhill le cotre Queen Mab mis à l’eau pour la saison 1859, qu’il conserve jusqu’en 1863 pour le remplacer par la goélette Flirt, un autre plan Wanhill, de 153 tonneaux pour ses croisières en Méditerranée, et qu’il revend à Lord Alex. Paget en 1866. Nommé High sheriff du Sussex en 1865, il remplace sa goélette pour une plus grande deux ans plus tard, Cecile, de 190 tonneaux, qu’il ne garde qu’une année et cède au Marquis de Drogheda pour une plus grande encore, Enchantress, de 213 tonneaux. En 1868, Sir Percy est propriétaire d’un steam yacht gréé en goélette, Nokken, de 24 mètres de long, construit deux ans auparavant à Christiana en Norvège pour Mr D. Hegermann. Il s’en sépare en 1874 et le cède à la London Missionary Societe qui le renomme Ellengowan. Deux ans plus tard, il se fait construire par T. Musselwhite de Poole, une goélette à moteur à vapeur auxiliaire de 20 mètres de long Wren. Enfin, en 1888, tout en conservant Wren, il achète Thaïs, une belle goélette de 32 mètres de long conçue et construite par C. Hansen & Sons de Cowes en 1880 et qu’il renomme Oceana.

Pour en revenir à Queen Mab, objet de cette étude, il a appartenu à A. B. Smitjh, avant d’être acquis par l’architecte Henry Woodyer (1816-1896) en 1878 et transformé en yawl, gréement plus adapté à la croisière. Henry passe ses vacances à bord, souvent en Méditerranée, mais se délasse volontiers le week-end de ses nombreux déplacements en train, à bord de son voilier. Lorsqu’il est en croisière, il envoie ses projets par la poste et vit dans l’insouciance totale, malgré un réel talent d’architecte qui le place parmi les plus grands de l’époque, avec une solide réputation de dandy et de grand original. Ses cigares et ses accoutrements seront à l’image de la richesse de la décoration de ses réalisations et de ses géniales inventions en terme de ventilation, d’aération et d’écoulement d’eau de ses bâtiments, même les plus modestes.
Henry Woodyer est né à Guildford in1816, fils d’un médecin respecté, Caleb Woodyer, propriétaire de Allen House dans la Upper High Street. Sa mère Mary Anne Hasley, vient d’une famille qui possède Henley Park, à la limite de la ville. Éducation à Eton, puis Merton College, à Oxford. Sportif, membre de l’équipe d’aviron, très impliqué dans la religion Anglicane, il se destine à l’architecture, mais se considère comme un amateur éclairé, sans jamais s’associer à une institution, il refusera toute publication de ses œuvres, principalement des églises dans le style néo-gothique et des édifices religieux (quelques 300 réalisations) qui sont des références. Il se marie en 1851 avec la sœur d’un ami, âgée de 18 ans, Frances Martha Bowles le 5 août, 15 jours avant la fameuse régate à Cowes qui est à l’origine de l’America’s Cup. Ils ont une fille, Hester Fanny, née le 21 juin 1852, mais son épouse meurt en couche.
Henry Woodyer et sa fille s’installent à Grafham Grange deux ans plus tard (Grafham Grange Special Educational Trust aujourd’hui). Il fait construire une chapelle en mémoire de son épouse. Henry pratique la voile en dériveur sur un lac proche de Guildford et travaille souvent sans demander de rémunérations pour concevoir des églises.
Il garde Queen Mab une dizaine d’années, naviguant entre la Méditerranée et la Manche, puis le cède à John Huston de Hardway, Hampshire. Sa fille Hester se marie en 1891 avec Percy Henry Noel Lake, militaire. Le couple s’installe à Dublin, puis en 1893, au Canada. Henry vend sa maison de Grafham, il se retire à Padworth, dans le Berkshire. Là, il décède d’une crise cardiaque le 10 août 1896, à 80 ans. Il repose à Grafham, contre sa chapelle et près de son épouse.
Par la suite, Queen Mab est cédé à A. D. Cave, puis, à la fin de la saison 1895, à V. A. Hodge qui le garde jusqu’au tournant du siècle. N’ayant jamais changé de nom, Queen Mab disparaît des registres en 1901.



L’ensemble de ces données, complétées de mes précédentes études des formes des voiliers anglais des années 1850-1860, des recherches sur l’évolution des voiliers de Thomas Wanhill et les changements de gréements des cotres de cette époque en yawls ou goélettes m’ont permis d’établir les plans de forme, de voilure et de pont du Queen Mab. Cette analyse a été également complétée des comparaisons avec d’autres voiliers similaires, d’après les plans publiés par “The Hunts Magazine“, ceux publiés dans les ouvrages de Philip R. Marrett et de Dixon Kemp, les demi-coques conservées dans les clubs ainsi que les ouvrages généraux sur le yachting parus dans la seconde moitié du XIXe.



Sur le plan de pont, j’ai pu définir la position du siège où se trouvait la fillette, ainsi que celle du peintre, le dos appuyé sur le bastingage tribord, et définir son champ de vision au moment où il a construit son tableau. Tous les détails présents sur le tableau sont présents et à leur place.
Ce plan permet de situer la scène représentée sur le tableau de Jacques-Émile Blanche. Le point de vue du peintre, entre la poulie de bastaque sur l’avant et la bouée couronne sur l’arrière, la hauteur du pavois et des chandeliers, la distance qui existe entre les deux pavois du voilier, la hauteur de la bôme, l’écoutille à droite du fauteuil en osier, tout concorde pour certifier qu’il s’agit bien de ce voilier.

S’il semble bien difficile de déterminer le nom du cotre à voile blanche en haut et à droite du tableau, qui doit mesurer entre 18 et 20 mètres, en revanche, le steam yacht est représenté de façon suffisamment précise pour constater qu’il a une coque sombre, définir son gréement de trois-mâts-goélette, et que sa cheminée se trouve entre les deux premiers mâts, plus proche du grand-mât, le roof s’étendant de l’arrière du mât de misaine jusqu’à l’arrière du grand mât, avec une coursive entre les deux. En recherchant les steam yachts navigant en 1882 et ayant cette configuration, deux navires attirent mon attention, Polynia et Namouna.
Si la couleur de la coque, le gréement et la position de la cheminée de Polynia correspondent à l’image sur le tableau, en revanche, les superstructures sont insuffisantes, et sa cheminée est plus éloignée du grand-mât que sur la représentation sur le tableau. De plus, la taille de Polynia, 47 mètres de long, ne semble pas suffisante par rapport au cotre sous voile sur son avant. Par contre, la silhouette correspond en tous points à celle du Namouna, et sa longueur, 75 mètres, également.


)
Namouna, mis à l’eau à New York en mai 1882, a été conçu par l’architecte St Clare J. Byrne (1831-1915) et construit par les chantiers Ward Stanton & Co., Newburg à New York pour James Gordon Bennett Jr. (1841-1918). Les caractéristiques du navire sont les suivantes : longueur hors tout, 75,30 mètres ; flottaison, 66,15 mètres ; bau, 8,05 mètres ; tirant d’eau, 3,63 mètres ; son tonnage, 740 tonneaux. St Clare John Byrne est un architecte anglais, célèbre pour avoir conçu le voilier de Sir Thomas et Lady Brassey, Sunbeam, connus pour leurs périples autour du monde. Il concevra également les deux steam yachts de William K. Vanderbilt, Alva, en 1885 et Valiant en 1895. Le chantier Ward, Stanton & Co., situé South Water Street, sur l’Hudson River, a été créé en 1878 par l’association de Luther C. Ward et Samuel Stanton avec Highland Furnace et la Washington Iron Works, afin de construire de grands steam yachts et des ferries. En 1882, Rhada, à Pierre Lorillard IV, le magnat des tabacs, est également mis à l’eau. Un incendie détruit le chantier en 1885 qui sera repris par James Bilger jusqu’en 1891.
Né à New York, fils du fondateur du New York Herald, James Gordon Bennett Jr. A été élevé en France.
Pour ses seize ans, 1857, son père lui offre le sloop Rebecca de 22 mètres et 77 tons, et l’inscrit au New York Yacht Club, devenant le plus jeune membre.

Henrietta 1861

En 1861, son père commande à Henry Steers, le neveux de George Steers (1815-1856), concepteur de la goélette America (1851) la goélette Henrietta, de 28 mètres et de 205 tons pour les vingt ans de son fils. Henrietta est affectée à l’US Revenue Cutter Service pendant la Guerre Civile, entre 1861 et 1862, James est lieutenant à bord. Comme il est courant sur les grands sloops et les goélettes new yorkaises de ces années, Henrietta est allongée sur l’avant de 3,65 mètres (12 ft).
En 1866, Henrietta remporte la course transatlantique Sandy Hook – Les Needles contre les goélettes Fleetwing et Vesta, dans le temps record de 13 jours 21 heures et 55 minutes.
L’année suivante, en 1867, il achète la goélette l’Hirondelle, construite par Forsyte & Morgan en 1866, rebaptisée Dauntless. Il la confie au chantier de J. B. Van Deusen pour l’allonger et porter sa longueur à 35,50 mètres. James Gordon Bennett devient vice-commodore du NYYC, il le restera jusqu’en 1870.
La goélette participe à la Coupe de l’America de 1870, contre la goélette Britannique Cambria, remportée par Magic. L’année suivante, James est nommé Commodore du NYYC, à 30 ans et Dauntless reste le voilier amiral du club jusqu’en 1874
(Fig. 9bis, Dauntless, ex-Hirondelle)
Au début de l’année 1877, il s’installe à Paris sur les Champs Élysées, au 120. Il résidera également avenue d’Iéna. Sa villa, Namouna sera construite en 1892 à Beaulieu, dans le quartier de la Petite Afrique.

Jeannette

(Fig. 9ter)
Passionné par les expéditions dans le Grand Nord, Bennett acquiert en 1878 le HMS Pandora (1859), ancien navire de la Royal Navy en bois, qui a déjà effectué des voyages arctiques entre 1875 et 1876. Il le renomme Jeannette et s’associe au gouvernement américain pour une expédition vers le Pôle Nord à partir du Détroit de Béring. Le Navire sombre sous la pression de la glace le 21 juin 1881. Dix-neuf des membres de l’expédition périssent dans cette aventure.

Namouna


En 1880, il fait construire le steam yacht trois mâts goélette Polynia, d’une longueur de 47,20 mètres, chez Ward, Stanton & Co. Revendu en 1882 à William H. Starbuck, le yacht prendra le nom de Tillie. Vendu à Henry S. Yves et allongé à 54 mètres en 1886, il est cédé à Vernon H. Brown en janvier 1888. En 1906, il appartient à F. L. Osgood de New London, Connecticut.

Namouna Log

En mai 1882, Namouna est mis à l’eau. Le 6 juin, il quitte Staten Island à 8 heures du soir pour traverser l’Atlantique, passe par Santa Cruz de Tenerife, Gibraltar, et, alors qu’il est attendu pour les régates de Nice, entreprend un tour de la Méditerranée, par Alger, Constantinople et Alexandrie, puis rentre au Havre qu’il rejoint le 4 aout 1882 où il reçoit quelques modifications, notamment sur la motorisation, les commandes de gouvernail et les cabines. Puis il se rend à Cowes le 24 malgré la tempête, pour trois jours, et rejoins Dieppe le 27 aout. Il reste jusqu’au 4 septembre au mouillage dans le port.
James Gordon Bennett Jr. est renommé Commodore du NYYC entre 1884 et 1885. Cette même année, en tant que Commodore, il fait construire un sloop dériveur pour la défense de la Coupe de l’America, Priscilla, dessiné par A. Cary Smith, de 28,65 mètres. C’est Puritan qui sera sélectionné et qui remportera la Coupe.
Namouna traverse régulièrement l’Océan Atlantique et fait souvent des croisières en Méditerranée, allant jusqu’en Inde et Ceylan.
En 1900, James Gordon Bennett fait construire le steam yacht à deux hélices Lysistrata (95,85 m), dessiné par G. L. Watson, Namouna est cédé au printemps suivant pour $10 000 à la Marine Colombienne et reçoit une batterie de canon et huit mitrailleuses.

Il apparaît donc que James Gordon Bennett est passionné de courses et d’exploits. Dès la mise à l’eau de Namouna, il s’inscrit Régates de Nice avant de traverser l’Atlantique. Puis, avant de rentrer à Paris, il arrive à la fin des Régates du Havre, la première semaine d’aout.
Cette date, 1882, est confirmée par les deux ouvrages à droite, au pied du fauteuil sur le tableau. En ce qui concerne la revue de Yachting qui se trouve sous le livre pour enfant “At Home“, il y a deux possibilités. Soit il s’agit du “The Yachting Record, Remembrancer, and Advertiser“, publié entre Jan. 1881 et Nov. 1882, soit de l’hebdomadaire publié à Londres entre le 3 juin 1881 et 1882, fondé par Elim d’Avidgdor sous le pseudonyme “The Wanderer“, “The Yachting Gazette and Aquatic News“.

"At Home"


Renforçant les éléments précédents qui prouvent que le tableau a été peint en 1882, l’ouvrage sur le dessus est l’édition 1882 du livre pour enfants, “At Home“, illustré par Thomas Henry Crane et Ellen Houghton, écrit par John George Sowerby et Thomas Henry Crane, et édité par Marcus Ward & Co à Londres. Le costume de la fillette est le même que celui des personnages du livre, ce qui laisse à penser et permet d’affirmer qu’elle est anglaise.

Le peintre Jacques-Émile Blanche (1861-1942) se rend deux fois en Angleterre en 1882. Une première fois, du 23 mai au 3 juin, avec Edmond Maître (1840-1898), Henri Gervex (1852-1929), Paul Helleu (1859-1927) et Auguste Rodin (1840-1917). Durant ce séjour, il fait la connaissance de James Abbott McNeill Wistler (1834-1903) et de Walter Sicker (1860-1942). Il retourne à Londres du 19 au 23 juin en compagnie de Edmond Maître et de Henri Fantin-Latour (1836-1904). Au mois d’août, il reçoit ses amis Gervex, Helleu, Whistler et Sicker à Dieppe où il réside la plus part du temps. Ses séjours en Angleterre ont été tous les deux très occupés, ne lui laissant que peu de temps pour entreprendre une toile. Il est vraisemblable qu’il ait été invité à bord du Queen Mab à Dieppe alors que Namouna est dans les parages. Dieppe est à l’époque un des passages privilégié des Anglais qui se rendent en France, comme le confirme Jacques-Émile Blanche dans son ouvrage sur la ville et dans ses mémoires.

Henry Woodyer travaille sur son voilier Queen Mab pendant ses vacances, et navigue en Manche ou se rend sur la Riviera, passant par Dieppe ou Le Havre. L’architecte est très connu du milieu que fréquente le peintre, fils de médecins, attirés par l’intelligentzia Britannique et Française, il est évident qu’ils se connaissent et ont des amis communs. Namouna est le steam yacht dont tout le monde parle en France en 1882. Arrivé tout frais des Etats-Unis, c’est le premier yacht de cette importance à être entièrement équipé électriquement. Il se rend début aout au Havre, son port d’attache, alors que James Gordon Bennett réside à Paris, puis croise Queen Mab devant Dieppe entre le 27 aout et le 4 septembre.

"Femme à bord d'un Yacht"

Jacques-Émile Blanche n’a pas l’image d’un peintre de marine ni d’un marin. Entre l’hôtel particulier familiale d’Auteuil et la résidence cossue de Dieppe, musicien et écrivain, il semble plus à l’aise au milieu des célébrités qu’il fréquente et dont il fait le portrait que sur le pont d’un voilier. Pourtant, la première de ses œuvres qui est acceptée au Salon des Artistes Français, en 1881, s’intitule “Femme à bord d’un Yacht“.

"Lawn-tennis"

L’année suivante, donc en 1882, il présente au Salon des Arts Décoratif sa “Partie de Tennis“ (“Lawn-tennis“) qui se déroule au bord de la mer, avec une vue sur des voiliers en régates au loin.

"Contemplation"

En 1883, dans son tableau, “Contemplation“, le même modèle que sur les deux tableaux précédents, Ellen Andrée (1857-1925), est représentée assise à une table d’un restaurant au bord de l’eau, avec un voilier sur l’arrière plan qui passe devant une berge boisée. Moins connue, une aquarelle représentant la goélette Française Velox au mouillage à Cowes en été 1884, signée des initiales du peintre et datée.

Velox1884 ©Jacques Taglang

Aquarelle reproduite dans la monographie page 91 : “Velox, ex- Zemajteij, 1875-1914“, François Chevalier & Jacques Taglang, chez les auteurs, Paris, 1993. En analysant les différentes signatures de Blanche entre 1880 et 1884, je me suis souvenu d'une aquarelle que nous avions mise dans cet ouvrage, et qui comportait une signature avec des initiales dont certaines étaient peu lisibles. J'avais recherché, sans résultat, dans les peintres de marine et ceux qui avaient coutume de faire le portrait des bateaux à cette époque, mais je n'ai fait le lien qu'en faisant le bilan des tableaux de Jacques-Émile Blanche représentant la mer et les voiliers, entre 1881 et 1883. La signature est encore différente, mais il n'y a aucun doute quand à l'authenticité de cette aquarelle qui se trouve chez les descendants du propriétaire du voilier en 1884, propriété de Eugène Roissard de Bellet (1836-1928), membre du YCF (1881-1887), aquarelle que Jacques Taglang a photographié en juin 1993 au château de Bellet près de Nice, chez Madame Rose de Charnacé, arrière petite fille d'Eugène.

Signatures J-E B.

En ce qui concerne la signature, bien que cela ne peut constituer une preuve d’authenticité, toute signature pouvant être imitée, il y a chez Jacques-Émile Blanche une recherche d’identité certaine, surtout autour de ses premières œuvres, entre 1878 et 1884. Il faut se rappeler qu’il n’a que vingt ans lorsqu’il expose sa première toile en 1881, et hésitait encore l’année précédente entre peintre, écrivain et musicien. Il y a une réelle similitude entre sa signature sous forme de sigle sur “Femme à bord d’un Yacht“ (1881) et celle du tableau qui nous occupe. Il abandonne ce style par la suite pour une signature plus conventionnelle J. E. Blanche, souligné ou non, que l’on trouve dès 1882 sur “La Brioche“, avec le E en script, puis en romain plus tard, avec de nombreuses variantes.

"La Capeline Rose"

Sur le plan pictural, nous allons comparer cette œuvre, principalement, à trois des portraits que Blanche a exécutés entre 1881 et 1883, “Femme à bord d’un Yacht“, “Contemplation“, et “La Capeline Rose“ (1883, Peinture sur toile, signée et datée en bas à gauche : J.E. Blanche / 83, 55,6 x 46,5 cm, Musée du Petit Palais).
Tout d’abord, au niveau de la composition. Les quatre tableaux présentent le sujet légèrement décalé vers la gauche avec un axe incliné et s’arrondissant dans sa partie inférieure. Sur notre tableau, les ouvrages de droite et l’écoutille arrondissent la verticalité de la fillette. Sur ces tableaux, les accents sont mis sur des accessoires pour relever le découpage, et le chapeau, la ceinture et les chaussettes jouent le même rôle que les gants et l’éventail de “Femme à bord d’un Yacht“ ou que les barres horizontales de la fenêtres et le premier plan de la nappe de “Contemplation“, la palette de couleur générale restant très pastel.
En ce qui concerne la mise en page de ce tableau, elle est à rapprocher de “Contemplation“, où horizon, verticales et horizontales sont clairement déterminées.
Le point de vue de l’auteur est semblable sur ces tableaux. Blanche est de grande taille, il surplombe son sujet, comme sur nombre de ses tableaux, et le modèle est obligé de lever la tête et d’ouvrir grand ses yeux pour le regarder. Cela implique que le sol couvre une grande partie du tableau, comme dans ses portraits “Louis Metman“ (1888) ou “Henri Guérard“ (1889). Sur cette période, à part quelques pastels, comme “Femme vue de dos“ (1883), il fait poser ses personnages dans la même posture, les bras plus ou moins croisés et vue de face, le visage légèrement penché à gauche. Le traitement de la carnation du visage, le menton, les lèvres, le nez, les pommettes et les sourcils sont de la même nature et irradient la même lumière. Les yeux, surtout, et les pupilles, sont traités de façon à éclaircir et donner un air joyeux au modèle, avec une pointe de romantisme, chère aux peintres anglais Préraphaélistes que Blanche admire alors. La frange blonde de la petite fille, avec ses boucles dorées, est peinte avec les mêmes touches fines que celles de son modèle sur les trois autres tableaux. Enfin, dans les plis de la robe rose, on retrouve les touches blanches et les gris des robes de ses personnages sur les tableaux de référence et sur ceux de “La Partie de Tennis“.

En conclusion, il est vraisemblable que ce tableau signé de Jacques-Émile Blanche soit authentique. Le sujet, le lieu, le support, les détails, et la façon dont il est traité, tout concorde à l’affirmer.

Glossaire

Amarre : Cordage qui retient le bateau immobilisé au port ou sur son mouillage.
Amure : Côté d’où vient le vent par rapport au voilier, on dit tribord amures.
Bâbord : Côté gauche du navire.
Bastaque : Câble mobile tenant le mât sur l’arrière, de chaque côté du voilier.
Bôme : Espar perpendiculaire au mât qui tient le bord inférieur de la voile.
Bout-dehors : Espar qui prolonge l’étrave du voilier ; peut être mobile.
Chandeliers : Tube métallique vertical supportant les filières autour du voilier.
Cotre : Voilier à un mât ayant au moins deux voiles d’avant, un foc et une trinquette.
Demi-coque : Modèle réduit représentant le côté tribord de la coque d’un navire.
Écoute : Cordage servant au réglage des voiles.
Écoutille : Ouverture dans le pont avec ouvrants.
Espar : Tout élément de mâture permettant d’établir une voile, comme le mât, la bôme, ou le bout-dehors.
Filière : Câble ou cordage servant de rambarde.
Garcette : Petit cordage.
Goélette : Voilier à deux mâts dont le plus grand est sur l’arrière.
Grand-mât : Sur un trois-mâts-goélette, le mât du milieu. 
Gréement : Caractérise le type de voilier, tel que le cotre, le yawl, la goélette ou le trois-mâts-goélette. Ensemble des mâts, leurs supports et les voiles.
Lisse de pavois : Main courante au-dessus du pavois.
Mât de misaine : Sur un trois-mâts-goélette, le premier mât. 
Palan : Ensemble de cordages et poulies permettant de démultiplier un effort.
Pavois : Partie surélevée de la coque au-dessus du pont, formant une protection.
Pied : Mesure anglaise de 0,3048 mètres.
Plan de forme : Ensemble de plans définissant les lignes du navire permettant les calculs hydrodynamiques et l’établissement des cotes pour sa réalisation.
Poupe : Arrière du navire.
Prisme de pont : Bloc de verre en forme de prisme diffusant la lumière à l’intérieur des bateaux.
Rating : Résultat du calcul, permettant de constituer une classe de voiliers ou de calculer un temps compensé afin d’égaliser les chances de voiliers différents dans une course.
Steam yacht : Navire de plaisance à vapeur.
Tribord : Côté droit du navire.
Trois-mâts-goélette : Voilier à trois mâts sans voiles carrées.
Yawl : Voilier à deux mâts dont le plus petit est en arrière de la barre.

Bibliographie :

Anonyme, “Steam Yacht Namouna, Cruising“, Log of the Namouna, 1882-1887, Private printing, Paris, 1887, ill.

Black, Martin, “G.L. Watson, The Art and Science of Yacht Design“, Peggy Bawn Press, Limerick, 2011

Chevalier, François et Taglang, Jacques, “America’s Cup Yacht Designs, 1851-1986“, chez les auteurs, Paris, 1987

Chevalier, François et Taglang, Jacques, “American and British Yacht Designs, 1870-1887“, chez les auteurs, Paris. - Vol I, 1991 - Vol II, 1992

Chevalier, François et Taglang, Jacques, “Velox, ex- Zemajteij, 1875-1914“, chez les auteurs, Paris, 1993

Dear, Ian, “The Royal Yacht Squadron, 1815-1985“, Stanley Paul, London, 1985

Douady, Jules, “La Mer et Les Poètes Anglais“, Libraire Hachette, Paris, 1912

Guest, Mantague et Boulton, William B., “The Royal Yacht Squadron, Memorials of its Members“, John Murray, London, 1903

Marett, Philip R., “Yachts and Yacht Building“, Lighting Source, Milton, 1872

Quiney, Anthony, “Altogether a Capital Fellow and a Serious Fellow Too : A Brief Account of the Life and Work of Henry Woodyer, 1816-1896“, Architectural History, Volume 38, 1995

Sowerby, John George et Crane, Thomas Henry, “At Home“, illustré par Thomas Crane et Ellen Houghton, Marcus Ward & Co, London, 1882

Vanderdeken, “The Yacht Sailor, A Treatise on Pratical Yachtmanship, Cruising and Racing“, Hunt & Co. London, 1862

(Ainsi que tous les ouvrages, catalogues d’expositions et de vente sur et de Jacques-Émile Blanche)

Remerciements :
Jacques Taglang
Dominique Gabirault

Légendes :

1- “Fillette au chapeau rouge, Queen Mab “, signé Jacques-Émile Blanche et daté 1882.
2- Plan de voilure du Queen Mab en yawl, par François Chevalier.
3- Mouettes et goélands, par François Chevalier.
4- Trois des voiliers de la célèbre "100 Guinea Cup" du 22 aout 1851 autour de l’Ile de Wight étaient des plans de Thomas Wanhill, Eclipse, Baccante et Freak, par François Chevalier.
5- La Casa Magni à San Terenzo près de Lerici, dans la baie de La Spezia où résidait le poète Shelley lors de son naufrage.